Dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, mon grand-père s'est éteint. C'est étrange de commencer l'année par cette nouvelle apprise par Papa, alors que j'appelais mes grands-parents pour leur souhaiter mes meilleurs voeux. J'ai compris, lorsqu'il a décroché le téléphone, qu'il y avait un problème. Il n'aurait pas dû être là. Non, c'est P. qui aurait dû répondre et dire "bonjour Camillou, où es-tu là ?" comme il le faisait. Les nuits qui ont suivi, je me repassais la conversation dans la tête, mon père qui décroche, sa voix m'annonçant la mauvaise nouvelle, mes larmes qui coulent et P., mon P. sortant de la salle de bain et me demandant ce qui se passe. Je ne sais pas combien de temps la conversation à durer, je n'en ai aucune idée, j'étais "hors temps". J'ai ensuite appelé ma soeur pour le lui apprendre, j'entendais Alice derrière elle.

Les jours d'après ont été un tourbillon : le voyage depuis Rome en train et bus, l'arrivée tardive après plus de 10h de transport, la fatigue, l'appréhension de retourner dans leur maison mais aussi l'envie de voir M. J'ai ouvert la porte de sa chambre et ai vu pour la 1ère fois le lit sans drap, sans couette. J'appris par la suite que c'est Papa qui a tout emporté pour les déposer au pressing.

Jusqu'à hier, les jours sont passés tellement vite, je n'ai pas eu le temps de réaliser. La journée, je n'étais pas trop triste mais le soir, quand je posais la tête sur mon oreiller, alors les souvenirs m'envahissaient et les larmes sortaient.

J'ai passé quelques heures seule avec M. et cela m'a fait beaucoup de bien. Quelle force ma grand-mère a ! Je voudrais toujours m'en souvenir, surtout dans les moments plus sombres, qu'elle est impressionnante d'énergie à 86 ans. Ils se sont aimés jusqu'au bout, se disant à quel point ils avaient été importants l'un pour l'autre. Leur histoire est une histoire d'amour avant tout, elle donne de la force et de l'espoir.

A toi, P., maintenant que tu es dans le ciel de M. comme à dit Alice, maintenant que tu voles, tu nous manqueras. Pour ta douceur, ton humour, ta gentillesse. Tu aimais rire malgré le grand problème de ta vie, rarement tu en parlais. Tu nous laisses bien tristes aujourd'hui. Depuis dimanche, je te vois partout : dans les lanternes du 31 au soir, dans la petite étoile qui accompagne la lune quand la nuit tombe, dans le soleil qui réchauffe (un peu) le froid glacial et le ciel qui devient rose, dans la bougie que M. allume et dans la mienne, parfum "figuier". Je te vois et sais que tu es là, avec nous. Merci pour TOUT ce que tu nous a donné.