Un an, trois mois et des poussières, c'est le temps écoulé depuis le dernier message et depuis la mort de mon grand-père. Je pense souvent à lui et la douleur est encore vivace. Je me surprends parfois, à me remémorer des détails, des choses qui le définissaient si bien. Les larmes me montent alors aux yeux, la gorge se serre et je ressens ce manque qui ne s'atténue pas. Avant-hier, alors que j'étais en classe, j'ai mis sur Youtube "musique classique pour se concentrer". D'habitude, je choisis toujours la même sélection qui dure longtemps. Cette fois-ci, j'ai changé. Et à un moment, il y a eu l'Ave Maria. J'ai de suite pensé à la sépulture, à ma grand-mère qui debout, saluait les invités dans son grand manteau noir (ou peut-être était-il beige ?). Ma gorge s'est nouée,j'ai eu envie de pleurer, là, alors que les élèves travaillaient. J'ai pensé à lui, qui j'aime tant et que je voudrais pouvoir voir, toucher, sentir l'après-rasage sur ses joues. J'ai pensé à ses mains, que je voudrais ne jamais oublier, sa voix (j'ai tellement peur qu'un jour, elle disparaisse de ma mémoire, sa façon de dire "je ne sais pas" en souriant doucement. Je ne sais pas si cette douleur s'éteindra un jour et je me rassure en me disant qu'elle est proportionnelle à l'amour que j'avais pour lui.